Article original : Dr Sara Llorens, traduit avec l’IA.Lire l’original en espagnol
Validation espagnole du questionnaire du soi redouté (premiers résultats de la recherche)
Premier article issu de ma thèse : la validation espagnole du questionnaire du soi redouté et son lien avec les symptômes du TOC.
Me revoici, cette fois en plein 2019. J’espère que vous avez bien commencé l’année et que les douze mois qui nous attendent seront aussi beaux que possible.
Et qui dit nouvelle année dit nouvel article. Un article spécial cette fois, puisqu’il est consacré à la première publication issue de mon doctorat. Tout juste sortie du four, comme on dit : le manuscrit a été mis en ligne le 21 décembre et l’article vient d’être publié officiellement. Il est en anglais et paraît dans la revue Journal of Obsessive-Compulsive and Related Disorders. Je vais essayer de vous en faire un bref résumé en vous présentant les points importants, mais si vous souhaitez jeter un œil à l’article original, voici le lien :
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2211364918301143
L’étude que nous avons réalisée avait deux objectifs principaux :
- Valider le Fear of Self Questionnaire (FSQ), ou questionnaire du soi redouté, pour la population espagnole.
- Déterminer dans quelle mesure ce facteur prédit l’apparition des domaines de croyances du TOC (surestimation du danger, surestimation de la menace, importance accordée aux pensées…) et des symptômes du TOC.
En deux lignes, pour rappel : le soi redouté signifie que la personne atteinte de TOC accorde plus de confiance, de temps et d’énergie au type de personne qu’elle aurait peur de devenir qu’au type de personne qu’elle est réellement. Selon le modèle basé sur les inférences, cette perception déformée de sa propre identité serait l’un des facteurs à l’origine du trouble. Autrement dit, le soi redouté serait un facteur essentiel à prendre en compte dans le développement et le maintien du TOC. L’idée est qu’un patient a des obsessions portant sur un contenu et pas sur un autre parce qu’elles sont directement liées aux caractéristiques du soi redouté de ce patient en particulier (être une mauvaise personne, être agressif, une personne immorale, quelqu’un qui attrape facilement les maladies, un paresseux, une étourdie…).
Or, le questionnaire utilisé pour mesurer le soi redouté n’existait qu’en anglais et en italien. Concrètement, cela voulait dire que jusqu’ici seuls les patients dont la langue maternelle était l’une de celles-ci (ou qui la maîtrisaient très bien) pouvaient bénéficier de cet outil. Sur un plan plus officiel, le FSQ ne pouvait pas être utilisé auprès de la population espagnole (pour des études, des recherches, dans le système de santé public…), et nous ne disposions donc d’aucun outil pour mesurer ce facteur qui pourrait s’avérer essentiel pour comprendre et traiter le TOC. Jusqu’à aujourd’hui. L’article que je vous présente confirme la validité et les excellentes propriétés psychométriques de la version espagnole du questionnaire du soi redouté, qui peut donc désormais être utilisé officiellement auprès de la population espagnole.
Quant au second objectif de l’étude, déterminer dans quelle mesure le soi redouté prédit les domaines de croyances et les symptômes du TOC… Les résultats semblent aller dans le sens de notre hypothèse : le soi redouté est significativement associé aux symptômes du TOC, en particulier aux obsessions de type répugnant (sexuelles, agressives, morales). C’est important car, si d’autres recherches (dont celle sur laquelle je travaille) démontrent que le soi redouté est effectivement un facteur d’apparition et de maintien du TOC, comme le suggère le modèle basé sur les inférences, il faudrait alors compléter les thérapies actuelles par des stratégies ciblant cet aspect, ce qui manque aujourd’hui aux traitements cognitivo-comportementaux spécifiques du TOC.
Et c’est le premier article de ce qui sera, je l’espère, une longue série, car la recherche couvre plusieurs thèmes, tous importants (que voulez-vous que je dise d’autre !). Quoi qu’il en soit, le plus intéressant reste à venir, car la partie de l’étude menée auprès d’une population clinique n’a pas encore été publiée. Quand ce sera le cas, comme je l’ai annoncé à chacun des participants, tout sera publié ici, en espérant que plus d’un·e d’entre vous y trouvera une lecture utile.
