Sara LlorensDocteure en psychologie, spécialiste du TOCÉcrivez-moi

Article original : Dr Sara Llorens, traduit avec l’IA.Lire l’original en espagnol

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Comment traiter la procrastination

« Je le ferai demain » : pourquoi on procrastine, quand cela devient un problème et les stratégies utilisées en thérapie pour arrêter de tout remettre.

4 min de lectureDr Sara Llorens

Aujourd’hui, on va parler de la procrastination, mieux connue sous les noms de « Je le ferai demain », « Je m’y mets tout à l’heure », « Je finis ça dans un moment »… et toutes leurs variantes. On remet tous des choses à plus tard ; c’est courant et ce n’est pas forcément un problème, sauf quand on pousse ça à l’extrême. La procrastination problématique peut être liée à différentes choses : parfois, c’est simplement de la paresse ou du laisser-aller poussés jusqu’à un certain point ; d’autres fois, elle est due à une mauvaise gestion du temps ; d’autres fois encore, elle est liée à des peurs ou à des insécurités (peur de ne pas en être capable ou de ne pas être à la hauteur, peur de l’échec…), à la difficulté de prendre des décisions ou à une faible estime de soi ; on la retrouve aussi chez les personnes perfectionnistes, dont les exigences, souvent inatteignables, les obligent à remettre sans cesse à plus tard ; parfois, les états anxieux et dépressifs sont eux aussi liés à la procrastination… Dans tous les cas, on la considère comme dysfonctionnelle et inadaptée, car elle peut finir par perturber très négativement la vie du patient à tous les niveaux : personnel, familial, conjugal, professionnel…

D’après les recherches sur le sujet, la procrastination est considérée davantage comme un trait de personnalité que comme un état : autrement dit, celui qui procrastine le fait indépendamment du contexte et de l’activité elle-même. Pour faire simple : ça fait partie de sa façon d’être.

D’après mon expérience, les patients qui remettent à plus tard ou procrastinent ne viennent pas pour ça ; ils viennent pour d’autres raisons, et le sujet finit par ressortir comme quelque chose qu’ils « font souvent et dont ils se rendent compte que ça leur pose des problèmes ». Parfois, ce qu’ils repoussent, ce sont des broutilles, des choses qui a priori n’ont aucune importance : répondre à des conversations WhatsApp, s’inscrire à la salle de sport, faire le bilan médical annuel, voir un ami… Ce n’est pas ce qu’ils repoussent qui compte, mais l’attitude générale du « je le ferai plus tard », parce que ce plus tard n’arrive souvent jamais, et cela entraîne parfois des problèmes que la personne aurait pu éviter si elle avait fait les choses au moment où il fallait les faire.

Quand on me demande de l’aide pour changer cela, on utilise plusieurs stratégies, toutes très basiques, mais c’est comme faire un régime : on sait tous ce qu’il faut manger pour perdre du poids, et pourtant on a parfois besoin d’un professionnel qui nous fixe un programme alimentaire, nous motive et nous accompagne. L’une des stratégies, quand il s’agit d’habitudes ou d’actions hebdomadaires qu’on repousse, consiste à se faire un emploi du temps, un planning. Le planning en question doit remplir une condition de base : être réaliste. Plus il est réaliste, plus on a de chances de le respecter, et donc plus il y a d’occasions de renforcement positif. Par exemple, si cela fait un an que vous repoussez le moment d’aller à la salle de sport, vous fixer dès la première semaine un planning de quatre séances par semaine n’est peut-être pas très réaliste ; mieux vaut commencer par deux et, si on voit qu’on s’y tient, on augmente. Il doit aussi être réaliste dans le sens où les activités qu’on y inclut doivent s’adapter au quotidien de la personne, à sa routine.

Une autre stratégie, pour des choses plus ponctuelles, consiste à fixer des dates limites. Certaines personnes réagissent bien aux échéances, parce qu’avoir cette date en ligne de mire leur sert de repère, une petite pression pour atteindre leur objectif. Parfois, je combine ça avec des systèmes de récompense pour motiver le changement. On prévoit une série de récompenses proportionnelles aux objectifs à atteindre (proportionnalité : respecter ses horaires de révision ne vaut pas un voyage, tout comme réussir enfin à appeler le médecin ne vaut pas une chemise à 200 euros), en essayant qu’elles soient les plus immédiates possible pour augmenter la motivation.

Ensuite, selon la cause profonde de la procrastination, on travaille plus en profondeur certains schémas et certaines idées qui favorisent et entretiennent le problème. Par exemple, chez les perfectionnistes, on travaillerait leurs idées irrationnelles sur la perfection à un niveau plus général, tout en entraînant le patient à faire différentes activités de façon « pas si parfaite », pour ensuite évaluer les conséquences et les comparer à ses prédictions. Autre exemple : si la procrastination repose sur l’indécision, on se concentrerait davantage sur les peurs qui se cachent derrière et sur l’entraînement à la prise de décision, en commençant par des choses quotidiennes sans importance pour monter ensuite progressivement en difficulté…

En résumé : d’abord, on met de l’ordre pour que la procrastination interfère le moins possible dans la vie du patient, et ensuite (ou en même temps, selon les cas), on travaille plus en profondeur sur ce qui l’a mené à cette situation.