Article original : Dr Sara Llorens, traduit avec l’IA.Lire l’original en espagnol
Les psychopathes extrêmes
Ce que le FBI a appris en interrogeant les criminels les plus pervers : les leçons de Mindhunter sur le psychopathe extrême et le poids de l'enfance.
Dans un autre article, je vous ai parlé du psychopathe intégré. Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de la version la plus radicale de ce profil : le psychopathe extrême. C’est dans ce groupe qu’entreraient bon nombre des criminels que nous voyons aux informations. Contrairement au psychopathe intégré, les traits de personnalité antisociaux du psychopathe extrême vont beaucoup plus loin et le conduisent à commettre des actes criminels.
La série Mindhunter est tirée d’un livre (publié en français sous le titre Mindhunter : dans la tête d’un profileur), qui raconte lui-même l’expérience d’un agent du FBI, John Douglas, pionnier dans l’élaboration d’un protocole permettant de repérer ce type de profil psychologique chez les criminels. Je n’ai pas vu la série, mais j’ai lu le livre, que je ne vous recommande d’ailleurs que si vous avez l’estomac assez solide pour supporter l’extrême précision avec laquelle l’auteur décrit les crimes commis par ces individus.
Pendant des années, cet agent du FBI a interrogé un à un certains des esprits les plus pervers, alors en prison, afin de mieux comprendre leur fonctionnement : Pourquoi agissaient-ils ainsi ? Quels étaient leurs objectifs ? Choisissaient-ils de faire du mal ou ne pouvaient-ils pas contrôler leurs impulsions ? Savaient-ils distinguer le bien du mal ? Naît-on psychopathe ou le devient-on ? Pouvaient-ils se réinsérer dans la société une fois leur peine purgée ? Quels points communs ont les individus qui présentent ce profil ?… Telles étaient certaines des questions que l’on se posait à l’époque. Précisons que ces recherches ont commencé dans les années 1970. Aujourd’hui, grâce au travail mené durant ces années, le FBI dispose de bien plus d’outils pour arrêter ce type de criminels. Savoir comment pense un psychopathe peut être très utile (décisif, en réalité) dans les enquêtes, comme le montrent les nombreux cas exposés dans ce livre.
J’aimerais souligner quelques-unes des conclusions clés que l’on peut tirer de cette lecture. Et par là, j’entends : de la recherche qui a été menée. Selon l’auteur :
- La grande majorité des psychopathes extrêmes sont des hommes.
- Le comportement du criminel définit en grande partie sa personnalité. Chaque détail du crime nous renseigne sur la personnalité de l’individu : âge, degré d’introversion, insécurité, ego, niveau d’adaptation sociale…
- Les psychopathes extrêmes présentent un trouble grave de la personnalité, ce qui n’est pas la même chose qu’une maladie mentale comme la psychose : il ne faut pas confondre un psychotique et un psychopathe. En général, les psychopathes restent en contact avec la réalité en permanence. Lorsqu’ils décident de commettre un crime, ils savent à tout moment ce qu’ils font. C’est un choix.
- Dans les crimes sexuels, le mobile n’est généralement pas le sexe en lui-même : ils ne sont pas commis pour une satisfaction sexuelle, mais plutôt par colère et rage contenues envers le monde en général et/ou envers les femmes en particulier.
- C’est pourquoi l’auteur affirme que la solution n’est pas la castration des pédophiles et des violeurs, puisque leur motivation principale n’est pas sexuelle, mais la rage. Comme il le dit dans le livre : castrez un psychopathe et vous aurez un psychopathe encore plus en colère.
- Il est facile pour une personne présentant ce profil de tromper les professionnels de la santé mentale. Ce sont des évaluateurs experts : avant même que vous les ayez évalués, ils vous ont déjà évalué. Les professionnels de la santé mentale doivent en tenir compte dans les thérapies ou les évaluations qu’ils mènent.
- L’auteur explique que, d’après sa vaste expérience, la réinsertion de ces personnes dans la société n’est pas possible. Dans le livre, il évoque des cas où, pour une raison ou une autre, le criminel a retrouvé la liberté, et tous ont récidivé. Il faut garder à l’esprit qu’il parle des criminels les plus violents qu’il a interrogés : avec eux, son pessimisme est compréhensible et le risque de récidive est élevé, mais on ne peut pas généraliser à toutes les personnes présentant des traits psychopathiques.
- Dans les cas qu’il a étudiés, il s’agissait presque toujours de personnes ayant eu une enfance très difficile. Nous ne savons pas dans quelle mesure la génétique intervient et dans quelle mesure c’est l’environnement, mais il semble bien y avoir un lien clair : ce type d’enfance augmente la probabilité de produire ce type d’individus.
Je crois que l’une des principales réflexions que l’on se fait en refermant ce livre, c’est : que seraient devenues ces personnes si elles avaient eu une autre enfance ? Si on ne leur avait pas appris la punition, sous toutes ses formes (abus, maltraitance, humiliation, négligence…), comme seul ou principal moyen d’éducation… Si elles s’étaient senties aimées, protégées, soignées, la plupart de ces crimes auraient-ils pu être évités ? Même en tenant compte de la part de responsabilité que l’on peut attribuer à la génétique, s’il y en a vraiment une, aurait-elle pu être modulée par une bonne enfance ? Ces prédateurs existeraient-ils s’ils avaient eu un attachement adéquat ? En règle générale, l’être humain apprend de ce qu’il voit, surtout pendant l’enfance. Que peut-on attendre de quelqu’un qui ne connaît que la punition, sinon qu’il apprenne à punir ?
Il ne s’agit pas de les dédouaner de leur culpabilité, car ils ont été responsables de chacun de leurs actes. Il s’agit de réfléchir à la manière dont la société contribue à les créer.
