Sara LlorensDocteure en psychologie, spécialiste du TOCÉcrivez-moi

Article original : Dr Sara Llorens, traduit avec l’IA.Lire l’original en espagnol

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Qu'est-ce que la sidération psychique ? (2e partie)

Sidération psychique et dissociation après un traumatisme : ce qui se passe chez l'agresseur et chez la victime, et pourquoi on croit moins la victime.

2 min de lecturePartie 2Dr Sara Llorens

Dans la première partie, nous parlions de la sidération psychique et de la dissociation qui en découle parfois lorsqu’on vit des situations traumatiques. Eh bien, il nous restait quelques points intéressants à aborder. Dans ce second article, je veux insister sur la dissociation, celle de l’agresseur comme celle de la victime, et tout particulièrement celle de la victime.

Qu’en est-il de l’agresseur ? Comment quelqu’un peut-il être capable de tels actes ? Comment peut-on faire une chose pareille à un autre être humain ? Comment vit-on avec cela ? Parmi les fonctions que l’on attribue à ce qu’on appelle les neurones miroirs, il y a celle de nous aider à ressentir de l’empathie pour les émotions des autres (même si leur rôle exact dans l’empathie humaine est encore débattu). Certains auteurs proposent qu’au moment où l’agresseur attaque, il se produit aussi chez lui une dissociation émotionnelle qui bloque cette réponse empathique. Il lui est ainsi beaucoup plus facile et confortable de continuer ce qu’il est en train de faire, puisqu’il n’éprouve presque pas d’empathie et ne ressent pas la souffrance de sa victime. Ce phénomène a été décrit comme fréquent dans les situations de violence extrême : l’agresseur se coupe émotionnellement de la victime.

D’autre part, la dissociation de la victime peut durer bien au-delà du moment du traumatisme. Bien plus, si les circonstances de la vie maintiennent la victime en contact permanent avec l’agresseur, la dissociation dure plus longtemps et, vue de l’extérieur, elle semble « aller bien », alors qu’en réalité c’est tout le contraire, même si la victime elle-même n’en a pas conscience (et qu’il est donc moins probable qu’elle demande de l’aide). On pourrait dire que plus le danger que court la victime au quotidien est grand, plus la dissociation est intense et durable, car c’est sa façon de se protéger. Un masque invisible, même pour celle qui le porte.

Tout cela réduit les chances de recevoir de l’aide, car l’entourage s’inquiète moins. Pourquoi ? La victime est déconnectée de ses émotions et n’en montre donc aucune. Face à quelqu’un qui ne montre pas d’émotions, notre réponse empathique s’active beaucoup moins et nous avons du mal à éprouver de l’empathie pour cette personne. Si nous n’éprouvons pas d’empathie, nous ne savons pas ce qu’elle ressent, et il est donc plus difficile de percevoir que cette personne a besoin d’aide.

L’idée générale serait donc la suivante :

Plus la situation est traumatique, plus la dissociation est importante (pendant et après) et, par conséquent, moins on accorde de crédibilité à la victime.

Comme je vous le disais dans la première partie, la formation à ces connaissances est essentielle pour tout professionnel susceptible de jouer un rôle dans une procédure de ce type (psychologues, psychiatres, policiers, juges, avocats, jurés… et bien sûr les familles et les proches des victimes), car c’est ainsi qu’on peut traiter ces situations de façon juste et que le chemin d’aide à la victime peut réellement commencer. Dans ces cas, les processus thérapeutiques sont longs et l’objectif de la thérapie, comme je l’ai déjà évoqué dans d’autres articles consacrés au trouble de stress post-traumatique (TSPT), est que la personne parvienne à intégrer le traumatisme et à le ranger dans sa mémoire comme un souvenir, sans le revivre chaque jour avec la même douleur.